Œcuménisme & interreligieux
Il convient de ne pas confondre :
Le dialogue œcuménique repose sur le fait qu’entre les grandes Églises chrétiennes l’unité donnée par le Christ n’est pas perdue mais blessée. Aussi l’œcuménisme a t-il pour but de permettre de retrouver l’unité pleine entre les confessions chrétiennes en se convertissant toujours davantage ensemble au Christ.
le dialogue interreligieux mettant en contact des religions qui cherchent à se comprendre mais non à s’unir.


Dialogue Oecuménique
Concile de Nicée, le lien fort entre Rome et Constantinople
La commémoration des 1700 ans du premier concile œcuménique de l’histoire de l’Église est l’un des moments forts de cette journée du 28 novembre 2025 en Turquie, au deuxième jour du voyage de Léon XIV. Depuis le Concile Vatican II, le lien s’est affermi entre l’Église de Rome et Constantinople, unies par les frères apôtres Pierre et André, symboles de leur communion.
RENCONTRE AVEC SA SAINTETÉ BARTHOLOMÉE Ier
ET SIGNATURE DE LA DÉCLARATION CONJOINTE
Palais Patriarcal (Istanbul)
Samedi 29 novembre 2025
DÉCLARATION COMMUNE
« Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour »
Psaume 106 (105) : 1
À la veille de la fête de saint André, premier apôtre appelé, frère de l'apôtre Pierre et patron du Patriarcat œcuménique, nous, le Pape Léon XIV et le Patriarche œcuménique Bartholomée, rendons grâce à Dieu, notre Père miséricordieux, pour le don de cette rencontre fraternelle. À l'exemple de nos vénérables prédécesseurs et conformément à la volonté de notre Seigneur Jésus-Christ, nous continuons à marcher avec une ferme détermination sur le chemin du dialogue, dans l'amour et la vérité (cf. Eph 4, 15), vers le rétablissement de la pleine communion tant espérée entre nos Églises sœurs. Conscients que l'unité des chrétiens n'est pas seulement le fruit des efforts humains, mais un don qui vient d'en haut, nous invitons tous les membres de nos Églises – clergé, moines, personnes consacrées et fidèles laïcs – à rechercher sincèrement l'accomplissement de la prière que Jésus-Christ a adressée au Père : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi... pour que le monde croie » (Jn 17, 21).
La commémoration du 1700e anniversaire du premier Concile œcuménique de Nicée, célébrée à la veille de notre rencontre, a été un moment de grâce extraordinaire. Le Concile de Nicée, tenu en 325 après J.-C., fut un événement providentiel d'unité. Cependant, le but de cette commémoration n'est pas simplement de rappeler l'importance historique du Concile, mais de nous inciter à rester ouverts au même Esprit-Saint qui a parlé à Nicée, alors que nous sommes confrontés aux nombreux défis de notre temps. Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à tous les dirigeants et délégués des autres Églises et communautés ecclésiales qui ont bien voulu participer à cet événement. Outre la reconnaissance des obstacles qui empêchent le rétablissement de la pleine communion entre tous les chrétiens – obstacles que nous cherchons à surmonter par le dialogue théologique –, nous devons également reconnaître que ce qui nous unit, c'est la foi exprimée dans le Credo de Nicée. Il s'agit de la foi salvatrice en la personne du Fils de Dieu, vrai Dieu né du vrai Dieu, homoousios avec le Père, qui pour nous et pour notre salut a pris chair et a habité parmi nous, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est ressuscité le troisième jour, est monté au ciel et reviendra pour juger les vivants et les morts. Par la venue du Fils de Dieu, nous sommes initiés au mystère de la Sainte Trinité – Père, Fils et Saint-Esprit – et invités à devenir, en et par la personne du Christ, enfants du Père et cohéritiers avec le Christ par la grâce du Saint-Esprit. Fort de cette confession commune, nous pouvons relever les défis qui nous sont communs en témoignant de la foi exprimée à Nicée dans le respect mutuel, et œuvrer ensemble à des solutions concrètes avec une espérance authentique.
Nous sommes convaincus que la commémoration de cet anniversaire important peut inspirer de nouvelles avancées courageuses sur la voie de l'unité. Parmi ses décisions, le premier Concile de Nicée a également fourni les critères permettant de déterminer la date de Pâques, commune à tous les chrétiens. Nous remercions la divine providence d'avoir permis que le monde chrétien tout entier célèbre Pâques le même jour cette année. C'est notre désir commun de poursuivre le processus d'exploration d'une solution possible permettant de célébrer ensemble la Fête des fêtes chaque année. Nous espérons et prions pour que tous les chrétiens, « en toute sagesse et intelligence spirituelle » (Col 1, 9), s'engagent dans le processus visant à parvenir à une célébration commune de la glorieuse résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ.
Cette année, nous commémorons également le 60e anniversaire de la Déclaration commune historique de nos vénérables prédécesseurs, le Pape Paul VI et le Patriarche œcuménique Athénagoras, qui a mis fin à l'échange d'excommunications de 1054. Nous rendons grâce à Dieu que ce geste prophétique ait incité nos Églises à poursuivre « dans un esprit de confiance, d’estime et de charité mutuelles, le dialogue qui les amènera, Dieu aidant, à vivre de nouveau, pour le plus grand bien des âmes et l’avènement du règne de Dieu, dans la pleine communion de foi, de concorde fraternelle et de vie sacramentelle qui exista entre elles au cours de premier millénaire de la vie de l’Église » (Déclaration commune du Pape Paul VI et du Patriarche œcuménique Athénagoras, 7 décembre 1965). Dans le même temps, nous exhortons ceux qui hésitent encore à toute forme de dialogue à écouter ce que l'Esprit dit aux Églises (cf. Ap 2, 29), qui, dans le contexte actuel de l'histoire, nous exhorte à présenter au monde un témoignage renouvelé de paix, de réconciliation et d'unité.
Convaincus de l'importance du dialogue, nous exprimons notre soutien continu au travail de la Commission mixte Internationale pour le Dialogue théologique entre l'Église catholique romaine et l'Église orthodoxe, qui, dans sa phase actuelle, examine des questions qui ont été historiquement considérées comme sources de division. Outre le rôle irremplaçable que joue le dialogue théologique dans le processus de rapprochement entre nos Églises, nous saluons également les autres éléments nécessaires à ce processus, notamment les contacts fraternels, la prière et le travail commun dans tous les domaines où la coopération est déjà possible. Nous exhortons vivement tous les fidèles de nos Églises, et en particulier le clergé et les théologiens, à accueillir avec joie les fruits obtenus jusqu'à présent et à œuvrer pour qu'ils continuent à croître.
L'objectif de l'unité chrétienne comprend celui de contribuer de manière fondamentale et vivifiante à la paix entre tous les peuples. Nous élevons ensemble nos voix avec ferveur pour invoquer le don de la paix de Dieu sur notre monde. Malheureusement, dans de nombreuses régions du monde, les conflits et la violence continuent de détruire la vie de nombreuses personnes. Nous appelons ceux qui ont des responsabilités civiles et politiques à tout mettre en œuvre pour que la tragédie de la guerre cesse immédiatement et nous invitons toutes les personnes de bonne volonté à soutenir notre requête.
Nous rejetons notamment toute utilisation de la religion et du nom de Dieu pour justifier la violence. Nous croyons qu'un dialogue interreligieux authentique, loin d'être une source de syncrétisme et de confusion, est essentiel à la coexistence des peuples aux traditions et cultures différentes. Conscients du 60e anniversaire de la déclaration Nostra Aetate, nous exhortons tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté à œuvrer ensemble pour construire un monde plus juste et plus solidaire, et à prendre soin de la création qui nous a été confiée par Dieu. Ce n'est qu'ainsi que la famille humaine pourra surmonter l'indifférence, la soif de domination, la cupidité et la xénophobie.
Bien que nous soyons profondément alarmés par la situation internationale actuelle, nous ne perdons pas espoir. Dieu n'abandonnera pas l'humanité. Le Père a envoyé son Fils unique pour nous sauver, et le Fils de Dieu, notre Seigneur Jésus-Christ, nous a donné le Saint-Esprit, afin de nous faire participer à sa vie divine, préservant et protégeant le caractère sacré de la personne humaine. Grâce au Saint-Esprit, nous savons et nous expérimentons que Dieu est avec nous. C'est pourquoi, dans notre prière, nous confions à Dieu chaque être humain, en particulier ceux qui sont dans le besoin, ceux qui souffrent de la faim, de la solitude ou de la maladie. Nous invoquons toutes les grâces et toutes les bénédictions sur chaque membre de la famille humaine, afin que « leurs cœurs soient remplis de courage et pour que, rassemblés dans l’amour, ils accèdent à la plénitude de l’intelligence dans toute sa richesse, et à la vraie connaissance du mystère de Dieu », qui est notre Seigneur Jésus-Christ (Col 2, 2).
Du Phanar, le 29 novembre 2025
Prière à Iznik : Nicée
invite les chrétiens à l'unité
Aux côtés de Bartholomée Ier et des patriarches et représentants des Églises, le Pape Léon XIV a commémoré dans la prière le 1700e anniversaire du Concile de Nicée sur les vestiges de la basilique Saint-Néophyte, dans l’actuel ville d’Iznik.
Doxologies en présence du pape Léon XIV en l'église patriarcale Saint-Georges à Istanbul (Turquie)
Le pape Léon XIV participe ce samedi 29 novembre 2025 à 15h30 (heure locale, 13h30 heure de Paris) à une doxologierière œcuménique de louange à Dieu) en l'église patriarcale Saint-Georges, siège du patriarcat œcuménique de Constantinople à Istanbul (Turquie).

L'Orthodoxie
Issues de la foi des premiers apôtres, les Églises orthodoxes se sont séparées définitivement de Rome depuis le schisme de 1054.
L’orthodoxie (en grec, « conforme à la juste doctrine ») est une communion d’Églises indépendantes au plan juridique mais intimement liées entre elles du point de vue de la foi et de la doctrine. Ces Églises sont dites « autocéphales ».
Les Églises de Constantinople, d’Alexandrie, d’Antioche, de Jérusalem, de Géorgie, de Chypre pour les plus anciennes (patriarcats issus du concile de Chalcédoine, en 451).
C’est à l’embouchure de la Néva sur l’île Vassilievski que se dresse l’ église orthodoxe de la Dormition de la Sainte Mère de Dieu (Saint Petersbourg..Il est devenu la propriété de la . Laure des grottes de la Sainte Dormition de Kyiv
ICÔNE DE LA MÈRE DE DIEU « PROMPTE À L’ÉCOUTE »
Dans l'église se trouve une image de la Mère de Dieu « Prompte à Écouter »*, peinte sur le Saint Mont Athos. Il s’agit d’une copie exacte de l’icône miraculeuse (fresque) de l’un des plus anciens monastères de la péninsule du monastère de Dochiar et qui est l’un des dix premiers sanctuaires les plus vénérés du mont Athos.

Créneau horaire Grec (Thira, île de Santorin) :
- 1 heure (horaire d'été) par rapport à la France
MATINES ET
DIVINE LITURGIE
(05H30-08H30)
(En Grec, en direct
du Monastère du Prophète Élie)
Live / Direct
Retransmis tous les jours de 05h30 à 08h30 (heure locale)

Le Protestantisme
Le protestantisme est l'une des trois grandes branches du christianisme, aux côtés du catholicisme et de l'orthodoxie. Il rassemble aujourd'hui plus de 800 millions de fidèles dans le monde.
1. Origines
Le protestantisme naît en Europe au XVIe siècle lors de la Réforme.
En 1517, le moine allemand Martin Luther affiche ses 95 thèses pour critiquer les abus de l'Église catholique, notamment le commerce des indulgences (payer pour racheter ses péchés).
Luther souhaite initialement réformer l'Église de l'intérieur, mais la rupture devient inévitable.
En France et en Suisse, Jean Calvin développe une autre sensibilité majeure de la Réforme.
Le terme « protestant » apparaît en 1529, lorsque des princes allemands « protestent » contre la décision de l'empereur de restreindre la liberté religieuse des réformateurs.
2. Particularités et piliers
La théologie protestante repose sur cinq principes fondamentaux (les « Cinq Solas ») :
Sola Scriptura (L'Écriture seule) : La Bible est la seule autorité spirituelle suprême (pas le Pape ni la tradition de l'Église).
Sola Fide (La foi seule) : Le salut de l'être humain s'obtient par la foi seule, et non par de « bonnes œuvres » ou des mérites personnels.
Sola Gratia (La grâce seule) : Le salut est un don gratuit de Dieu.
Solus Christus (Le Christ seul) : Jésus-Christ est l'unique médiateur entre Dieu et les hommes. Il n'y a pas de culte des saints ni de la Vierge Marie.
Soli Deo Gloria (À Dieu seul la gloire) : Aucun culte ni vénération n'est accordé à un être humain ou une institution.
Autres particularités majeures :
Sacerdoce universel : Tous les croyants ont un accès direct à Dieu, sans intermédiaire clérical obligatoire. Les pasteurs sont des théologiens et guides spirituels, mais ils n'ont pas de pouvoir d'absolution et peuvent se marier.
Deux sacrements : Seuls le baptême et la sainte cène (eucharistie) sont conservés, car ce sont les seuls institués par le Christ dans les Évangiles.
3. Les Églises historiques (les plus anciennes)
Issu de la Réforme du XVIe siècle, le protestantisme historique se divise en plusieurs grands courants fondateurs :
Le luthéranisme : Issu des enseignements de Martin Luther, très présent en Allemagne et en Scandinavie.
Les Églises réformées (ou calvinistes) : Inspirées par Jean Calvin et Huldrych Zwingli, implantées en Suisse, en France (huguenots), aux Pays-Bas et en Écosse (presbytériens).
L'anglicanisme : Né en Angleterre en 1534 sous Henri VIII ; une voie intermédiaire combinant structure épiscopale et théologie réformée.
Les mouvements anabaptistes / mennonites : Issus de la « Réforme radicale », prônant le baptême des adultes croyants et le pacifisme strict.
4. Évolution contemporaine
Au cours des XIXe et XXe siècles, le paysage protestant s'est profondément métamorphosé :
L'essor de l'évangélisme et du pentecôtisme : Apparu au début du XXe siècle, ce courant insiste sur la conversion personnelle (« nouvelle naissance »), l'action du Saint-Esprit et une lecture très littérale de la Bible. C'est la branche protestante à la croissance la plus rapide aujourd'hui.
Le basculement géographique : Alors qu'il était historiquement européen et nord-américain, le centre de gravité du protestantisme s'est déplacé vers le Sud global (Amérique latine, Afrique subsaharienne et Asie).
Pluralisme éthique et théologique : Le protestantisme contemporain va d'Églises historiques très libérales (favorable au mariage pour tous, ordonnance des femmes) à des Églises évangéliques très conservatrices sur le plan sociétal.
Comprendre le Protestantisme
Emision du 7 novembre 2005

Bienvenu au sein de l'Eglise évangélique de Mulhouse
Le schisme protestant (16ème siècle) :
Réforme et Contre-Réforme
Ex. de cultes évangéliques ( Porte Ouverte de Mulhouse ) :
" La prière ouvre les portes des prisons " (21 juin 2026)

Juifs et chrétiens : pourquoi l’histoire s’est-elle brisée ? | Xavier Mainguy (Evangéliste, Versailles)
Dans cet entretien, Xavier Mainguy présente son livre "La Synagogue et l'Église : Filiation, divorce et réconciliation" (Ed. Véronne, 2026).
Il revient sur les racines juives du christianisme, la séparation entre synagogue et Église, la montée de l’antijudaïsme chrétien, mais aussi les chemins possibles de réconciliation. Préfacé par le Grand Rabbin de France Haïm Korsia, cet ouvrage invite à réparer la mémoire et à semer des graines de paix, de tolérance et de fraternité entre juifs et chrétiens.

Les Juifs, nos aînés dans la foi
Opinion dissidente (à la thèse de X. Mainguy ci dessus) :
Pour le Cardinal Jean-Marie Lustiger les Chrétiens (Ndlr = Catholiques) n'ont jamais été antisémites ou anti-Juifs et, ne peuvent pas l'être.


Dialogue Interreligieux
DÉCLARATION SUR LES RELATIONS DE L'ÉGLISE
AVEC LES RELIGIONS NON CHRÉTIENNES
NOSTRA AETATE
Post : Pape Léon XIV @Pontifex_fr : " #NostraAetate nous enseigne que nous ne pouvons pas vraiment invoquer Dieu, Père de tous, si nous refusons de traiter de manière fraternelle chaque homme et chaque femme, créés à l'image de Dieu. En effet, l'Église rejette toute forme de discrimination ou de harcèlement fondé sur la race, la couleur, la condition de vie ou la religion." 22:00 · 28 oct. 2025 11,5 kVues
1. Préambule
À notre époque où le genre humain devient de jour en jour plus étroitement uni et où les relations entre les divers peuples se multiplient, l’Église examine plus attentivement quelles sont ses relations avec les religions non chrétiennes. Dans sa tâche de promouvoir l’unité et la charité entre les hommes, et aussi entre les peuples, elle examine ici d’abord ce que les hommes ont en commun et qui les pousse à vivre ensemble leur destinée.
Tous les peuples forment, en effet, une seule communauté ; ils ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter tout le genre humain sur toute la face de la terre ; ils ont aussi une seule fin dernière, Dieu, dont la providence, les témoignages de bonté et les desseins de salut s’étendent à tous, jusqu’à ce que les élus soient réunis dans la Cité sainte, que la gloire de Dieu illuminera et où tous les peuples marcheront à sa lumière.
Les hommes attendent des diverses religions la réponse aux énigmes cachées de la condition humaine, qui, hier comme aujourd’hui, agitent profondément le cœur humain : Qu’est-ce que l’homme? Quel est le sens et le but de la vie? Qu’est-ce que le bien et qu’est-ce que le péché? Quels sont l’origine et le but de la souffrance? Quelle est la voie pour parvenir au vrai bonheur? Qu’est-ce que la mort, le jugement et la rétribution après la mort ? Qu’est-ce enfin que le mystère dernier et ineffable qui embrasse notre existence, d’où nous tirons notre origine et vers lequel nous tendons ?
2. Les diverses religions non chrétiennes
Depuis les temps les plus reculés jusqu’à aujourd’hui, on trouve dans les différents peuples une certaine perception de cette force cachée qui est présente au cours des choses et aux événements de la vie humaine, parfois même une reconnaissance de la Divinité suprême, ou même d’un Père. Cette perception et cette reconnaissance pénètrent leur vie d’un profond sens religieux. Quant aux religions liées au progrès de la culture, elles s’efforcent de répondre aux mêmes questions par des notions plus affinées et par un langage plus élaboré. Ainsi, dans l’hindouisme, les hommes scrutent le mystère divin et l’expriment par la fécondité inépuisable des mythes et par les efforts pénétrants de la philosophie ; ils cherchent la libération des angoisses de notre condition, soit par les formes de la vie ascétique, soit par la méditation profonde, soit par le refuge en Dieu avec amour et confiance. Dans le bouddhisme, selon ses formes variées, l’insuffisance radicale de ce monde changeant est reconnue et on enseigne une voie par laquelle les hommes, avec un cœur dévot et confiant, pourront acquérir l’état de libération parfaite, soit atteindre l’illumination suprême par leurs propres efforts ou par un secours venu d’en haut. De même aussi, les autres religions qu’on trouve de par le monde s’efforcent d’aller, de façons diverses, au-devant de l’inquiétude du cœur humain en proposant des voies, c’est-à-dire des doctrines, des règles de vie et des rites sacrés.
L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes. Toutefois, elle annonce, et elle est tenue d’annoncer sans cesse, le Christ qui est « la voie, la vérité et la vie » (Jn 14, 6), dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s’est réconcilié toutes choses. Elle exhorte donc ses fils pour que, avec prudence et charité, par le dialogue et par la collaboration avec les adeptes d’autres religions, et tout en témoignant de la foi et de la vie chrétiennes, ils reconnaissent, préservent et fassent progresser les valeurs spirituelles, morales et socio-culturelles qui se trouvent en eux.
3. La religion musulmane
L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne.
Même si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, le saint Concile les exhorte tous à oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté.
4. La religion juive
Scrutant le mystère de l’Église, le saint Concile rappelle le lien qui relie spirituellement le peuple du Nouveau Testament à la lignée d’Abraham.
L’Église du Christ, en effet, reconnaît que les prémices de sa foi et de son élection se trouvent, selon le mystère divin du salut, chez les patriarches, Moïse et les prophètes. Elle confesse que tous les fidèles du Christ, fils d’Abraham selon la foi, sont inclus dans la vocation de ce patriarche, et que le salut de l’Église est mystérieusement préfiguré dans la sortie du peuple élu hors de la terre de servitude. C’est pourquoi l’Église ne peut oublier qu’elle a reçu la révélation de l’Ancien Testament par ce peuple avec lequel Dieu, dans sa miséricorde indicible, a daigné conclure l’antique Alliance, et qu’elle se nourrit de la racine de l’olivier franc sur lequel ont été greffés les rameaux de l’olivier sauvage que sont les Gentils. L’Église croit, en effet, que le Christ, notre paix, a réconcilié les Juifs et les Gentils par sa croix et en lui-même, des deux, a fait un seul.
L’Église a toujours devant les yeux les paroles de l’apôtre Paul sur ceux de sa race « à qui appartiennent l’adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses et les patriarches, et de qui est né, selon la chair, le Christ » (Rm 9, 4-5), le Fils de la Vierge Marie. Elle rappelle aussi que les Apôtres, fondements et colonnes de l’Église, sont nés du peuple juif, ainsi qu’un grand nombre des premiers disciples qui annoncèrent au monde l’Évangile du Christ.
Selon le témoignage de l’Écriture Sainte, Jérusalem n’a pas reconnu le temps où elle fut visitée ; les Juifs, en grande partie, n’acceptèrent pas l’Évangile, et même nombreux furent ceux qui s’opposèrent à sa diffusion. Néanmoins, selon l’Apôtre, les Juifs restent encore, à cause de leurs pères, très chers à Dieu, dont les dons et l’appel sont sans repentance. Avec les prophètes et le même Apôtre, l’Église attend le jour, connu de Dieu seul, où tous les peuples invoqueront le Seigneur d’une seule voix et « le serviront sous un même joug » (So 3, 9).
Du fait d’un si grand patrimoine spirituel, commun aux chrétiens et aux Juifs, le saint Concile veut encourager et recommander la connaissance et l’estime mutuelles, qui naîtront surtout d’études bibliques et théologiques, ainsi que d’un dialogue fraternel. Encore que des autorités juives, avec leurs partisans, aient poussé à la mort du Christ, ce qui a été commis durant sa Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. S’il est vrai que l’Église est le nouveau Peuple de Dieu, les Juifs ne doivent pas, pour autant, être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de la Sainte Écriture. Que tous donc aient soin, dans la catéchèse et la prédication de la Parole de Dieu, de n’enseigner quoi que ce soit qui ne soit conforme à la vérité de l’Évangile et à l’esprit du Christ.
En outre, l’Église, qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels qu’ils soient, ne pouvant oublier le patrimoine qu’elle a en commun avec les Juifs, et poussée, non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l’Évangile, déplore les haines, les persécutions et les manifestations d’antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs.
D’ailleurs, comme l’Église l’a toujours tenu et comme elle le tient encore, le Christ, en vertu de son immense amour, s’est soumis volontairement à la Passion et à la mort à cause des péchés de tous les hommes et pour que tous les hommes obtiennent le salut. Le devoir de l’Église, dans sa prédication, est donc d’annoncer la croix du Christ comme signe de l’amour universel de Dieu et comme source de toute grâce.
5. La fraternité universelle excluant toute discrimination
Nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés à l’image de Dieu. La relation de l’homme à Dieu le Père et la relation de l’homme à ses frères humains sont tellement liées que l’Écriture dit : « Qui n’aime pas ne connaît pas Dieu » (1 Jn 4, 8). Par là est sapé le fondement de toute théorie ou de toute pratique qui introduit entre homme et homme, entre peuple et peuple, une discrimination en ce qui concerne la dignité humaine et les droits qui en découlent.
L’Église réprouve donc, en tant que contraire à l’esprit du Christ, toute discrimination ou vexation dont sont victimes des hommes en raison de leur race, de leur couleur, de leur condition ou de leur religion. En conséquence, le saint Concile, suivant les traces des saints Apôtres Pierre et Paul, prie ardemment les fidèles du Christ « d’avoir au milieu des nations une belle conduite » (1 P 2, 12), si c’est possible, et de vivre en paix, pour autant qu’il dépend d’eux, avec tous les hommes, de manière à être vraiment les fils du Père qui est dans les cieux
Tout l’ensemble et chacun des points qui ont été édictés dans cette déclaration ont plu aux Pères du Concile. Et Nous, en vertu du pouvoir apostolique que Nous tenons du Christ, en union avec les vénérables Pères, Nous les approuvons, arrêtons et décrétons dans le Saint-Esprit, et Nous ordonnons que ce qui a été ainsi établi en Concile soit promulgué pour la gloire de Dieu.
Rome, à Saint-Pierre, le 28 octobre 1965.
Moi, Paul, évêque de l’Église catholique.
Actualité du 60ième anniversaire de la déclaration :
DISCOURS DU PAPE LÉON XIV
Salle Paul VI
Mardi 28 octobre 2025

Passez à l'action
Protégez la maison commune
Le Temps pour la Création est un temps œcuménique qui invite les chrétiens du monde entier à prier et à agir pour la Création que Dieu nous confie. Il a lieu chaque année du 1er septembre, Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création 2026, au 4 octobre, fête de saint François d’Assise.
Cette initiative internationale est coordonnée par un comité œcuménique réunissant des représentants d’Églises chrétiennes et d’organisations partenaires de nombreux pays. Chaque année, ce comité propose un thème, une référence biblique, un symbole et publie un guide de célébration pour accompagner les communautés.
Face aux crises écologiques et sociales, des organisations catholiques, protestantes, orthodoxes et œcuméniques françaises s’unissent pour faire grandir le Temps pour la Création. En 2026, à l’initiative de l’association Église verte, elles ont décidé de créer une plateforme commune afin de renforcer la visibilité de cette période et de mutualiser les ressources proposées en France. Ce site rassemble ainsi des outils, ressources et propositions pour aider les communautés chrétiennes à vivre pleinement le Temps pour la Création et à organiser célébrations, temps de prière et événements locaux.

Allons vers la source (Ezéchiel, 47:9,12)
Du 1er septembre au 4 octobre 2026, une réflexion autour d’un texte biblique est proposée pour se ressourcer, approfondir le thème et grandir dans la foi.
Des textes bibliques qui se suivent pour proposer un véritable cheminement, en commençant par Ézéchiel 47, 1-12 — le texte de cette année — et en poursuivant par d’autres textes bibliques…
Le parcours a été préparé de manière œcuménique par Prie en Chemin, le Mouvement Laudato Si', le Label Église verte et le réseau Espérer pour le vivant .
Une petite équipe regroupant catholiques, protestants et orthodoxe s’est constituée pour choisir les textes, préparer les méditations… S’enrichissant des expériences et traditions de chacun pour créer un parcours harmonieux et cohérent, profondément spirituel et accessible, à vivre seul ou en équipe.
Pour vivre cette proposition, il suffit de s’inscrire pour la recevoir par mail

Neuvaine pour la création
Seigneur,
Maitre de la Terre,
Sauve ta création.
"Interroge les bêtes,
elles t'instruiront,
Les oiseaux du ciel,
Ils te l'apprendront.
Parle à la terre, elle t'instruira
et les poissons de la mer
te le raconteront.
Qui ne connait parmi eux la preuve,
Que la main de Dieu a fait
toutes choses."
(Job, 12, 7-9)
Au commencement,
Dieu créa le ciel et la Terre.
Dieu dit : "Que la lumière soit .."
"Qu'il y ait un firmament .."
Il créa alors le jour et la nuit,
le soleil la lune et les étoiles.
l fit la terre et la mer, les plantes,
les arbres et les fruits,
les animaux dans les champs,
es oiseaux dans les airs et les poissons
dans les eaux.
Dieu dit : "Faisons l'Homme à notre image,
selon notre ressemblance."
Il le créa, homme et femme.
Dieu les bénit et leur dit : "Soyez féconds,
multipliez vous, emplissez la terre, soumettez là."
Dieu dit : "Je vous donne toutes les herbes et tous les arbres qui ont des fruits portant semences ...
toutes les bêtes sauvages, à tous les oiseaux du ciel, je donne pour nourriture toute verdure des plantes ..".
Dieu vit tout ce qu'il avait fait.
Celà était bon (Livre de la Genèse).
En construction


